Lire un ticket de livraison de céréales ligne par ligne

Un ticket sépare la pesée physique du lot et son règlement commercial. Commence par contrôler brut, tare et net. Relis ensuite les analyses qualité, puis applique uniquement le barème prévu par ton contrat.

1. Refaire la pesée

  • Poids brut : véhicule chargé au pont-bascule.
  • Tare : véhicule vide dans la configuration retenue par le site.
  • Poids net : brut moins tare.

Exemple : 44,120 t au brut moins 14,380 t de tare donnent 29,740 t nettes. Vérifie aussi l'immatriculation, le numéro du lot, les dates, les heures et l'unité utilisée.

2. Relire les critères qualité

Selon l'espèce et le contrat, le ticket peut mentionner l'humidité, les impuretés, le poids spécifique, la teneur en protéines, le temps de chute de Hagberg, les mycotoxines ou d'autres critères. Ces mesures servent à classer le lot et peuvent déclencher une bonification, une réfaction, des frais de séchage ou un refus selon les conditions convenues.

Le taux d'humidité affiché doit provenir d'un appareil et d'une méthode adaptés au produit. Les textes français encadrent les humidimètres utilisés pour les transactions commerciales. Cela ne crée pas pour autant un barème national unique de réfaction.

3. Distinguer poids net et poids commercial

Le poids commercial est la quantité retenue pour la facturation après application des lignes prévues par le contrat. Ne confonds pas une réfaction de poids, une réfaction de prix et un frais facturé séparément.

Exemple purement illustratif

Si le bordereau indique 29,740 t nettes puis une correction de poids de 1,200 t, le poids commercial affiché est 28,540 t. À 225 €/t, avant primes, autres frais et taxes, le montant illustratif est 28,540 × 225 = 6 421,50 €. La ligne de 1,200 t vient du bordereau : elle ne peut pas être déduite de l'humidité sans le barème contractuel.

4. La checklist de contrôle

  • retrouve le même lot sur le ticket, le bon de livraison et le contrat ;
  • refais brut moins tare et vérifie les unités ;
  • compare chaque analyse aux bases et tolérances de ton contrat ;
  • identifie séparément bonifications, réfactions de poids, réfactions de prix et frais ;
  • conserve le ticket original et le résultat d'analyse avec la campagne et la parcelle concernées ;
  • demande la méthode ou la contre-analyse prévue au contrat si une valeur paraît incohérente.

Pour tester un scénario d'humidité sans transformer l'exemple en règle contractuelle, utilise la calculette de réfaction humidité et renseigne le barème réellement fourni par l'acheteur.

Questions fréquentes

Quelle différence entre poids net et poids commercial ?

Le poids net est généralement la différence entre le poids brut et la tare du véhicule. Le poids commercial peut ensuite intégrer les bonifications ou réfactions prévues par le contrat. Le ticket et les conditions de vente doivent préciser les lignes appliquées.

L'humidité modifie-t-elle toujours le poids payé de la même façon ?

Non. La base, les seuils, les barèmes et les frais dépendent de la céréale, du contrat et de l'organisme collecteur. Il faut appliquer la grille jointe au contrat ou au bordereau, sans reconstruire une formule universelle.

Que vérifier avant de contester un ticket ?

Conserve le ticket de pesée, le bon de livraison, le contrat et les résultats d'analyse. Vérifie l'identité du lot, les heures, les pesées brut et tare, la méthode d'échantillonnage, les critères qualité et chaque ligne de bonification ou réfaction.

Sources

Le contrat, ses annexes et le ticket du collecteur déterminent le calcul commercial applicable à ton lot.

Rédigé par Victorien Binant (Agriia) · Mis à jour le 21 septembre 2026